mer. 10 juin 2020

Où irez-vous cet été ?

L’annonce était attendue par les français ce mardi 2 juin. Edouard PHILIPPE avait annoncé le 14 mai dernier que « les français pourront partir en vacances en France métropolitaine » sous réserve toutefois « de possible restrictions très localisées » en fonction de l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Qu’en est-il aujourd’hui ?

État des lieux de la situation actuelle en France

Ce mardi 2 juin marque la deuxième phase du déconfinement en France. Parmi les annonces attendues : la réouverture des cafés et restaurants, la fin de la réglementation des 100 kilomètres ou encore l’organisation des vacances d’été.

Fin de la limite des 100 kilomètres

Conformément à ce qui était attendu, le Premier ministre a présenté une carte sur laquelle seules l’Île-de-France, Mayotte et la Guyane figure en orange. Tout le reste du pays apparaît en vert sur cette nouvelle carte d’activité épidémique.

L’information est donc confirmée : les déplacements ne seront plus limités à une distance de 100 kilomètres du domicile.

Cette levée d’un grand nombre de restrictions ne signifie pas pour autant un retour à la normale et ne justifie par le relâchement : « Moins on circule, moins le virus se propage ».

Les vacances d’été

Les Français, encore peu nombreux à avoir réservé, étaient en attente d’en savoir d’avantage sur les possibilités de congé cet été en France. Désormais, le Premier ministre a encouragé à réserver en France pour cet été, pour d’avantage de sécurité et parce que l’état des frontières est encore incertain.

Réserver dans un hôtel, un camping ou un village de vacances, c’est maintenant possible ! Les hôtels et les hébergements touristiques ont pu ouvrir dès le 2 juin dans les départements verts, et le pourront dès le 22 juin dans les départements oranges. Ce sont plus de 17 000 hôtels, 8 000 campings français et 1 000 villages de vacances qui vont pouvoir ouvrir leurs réservations. D’ailleurs, Édouard PHILIPPE a précisé que les colonies de vacances pourront être organisées à partir du 22 juin.

Les parcs d’attractions sont, comme beaucoup, des victimes collatérales du COVID-19. Parc Astérix, Mer de sable pour l’Île-de-France, mais aussi Nigloland, Puy du Fou et bien d’autres, en France, n’ont pas pu ouvrir au printemps comme prévu. Ils devraient pouvoir accueillir de nouveau des visiteurs dès le 2 juin en zone verte et le 22 juin en zone orange.
En zone orange, Disneyland Paris a annoncé sa réouverture prochaine le 15 juillet 2020. Le plus grand parc de France (et d’Europe) accueille normalement 30 000 personnes par jour.

Pour ce qui est des trajets internationaux, jusqu’au 15 juin, les restrictions aux frontières sont maintenues. Après cette date, une coordination européenne aura lieu pour travailler à la réouverture des frontières au sein de l’Union européenne, et Édouard PHILIPPE a insisté sur le fait que la France y était très favorable. Hors Europe, les frontières extérieures restent fermées.

Le bon moment pour se réinventer

C’est tout un secteur qui va tenter de limiter « la casse ». Selon les entreprises du voyage, qui regroupent les principales agences de voyage françaises, le retour à la normale n’est pas pour avant octobre 2021.

L’urgence économique de tout un secteur

La priorité c’est de gérer l’urgence économique et éviter le plus possible « la casse économique et sociale ». En France, le tourisme représente près de 8 % du PIB et 2 millions d’emplois. « Il faut arriver à concilier cette protection sanitaire mais aussi éviter que ne s’amplifie une véritable catastrophe économique, donc sociale avec une réalité humaine » explique David LISNARD, maire de Cannes (Alpes-Maritimes).

Le challenge pour ces acteurs du tourisme va être, en plus d’intégrer les impératifs de sécurité sanitaire, de préserver la convivialité et de ne pas gâcher le plaisir des vacanciers.

Touriste masqué devant Tour Eiffel

En France, ce ne sont pas moins de 90 millions de touristes étrangers par an et 9 millions de français qui partent à l’étranger. « On ne les aura pas, il faut donc capitaliser sur les 9 millions » indique Bernard SABBAH, spécialiste du tourisme et Président de « Viaticus » école supérieure de tourisme et digital.

A contrario de la clientèle étrangère habituellement très concentrée à Paris et 3 ou 4 grands spots méditerranéens, les français vont plutôt s’éparpiller partout sur le territoire, ce qui est une chance pour le tissu économique et le maillage du tourisme.

Les tendances de l’été 2020 #CetÉtéJeVisiteLaFrance

Slow tourisme

Cette année, « il y a deux tendances : la montagne et le camping au bord de mer » explique Yariv ABEHSERA, directeur de Locatour, spécialiste de la location de vacances. On voit bien qu’il y a une demande de grand air à la montagne et une demande de l’hôtellerie de plein air « qui sont les premières typologies plébiscité par les français, dès le mois de juin ».

Les français répondent aux besoins des acteurs du tourisme local, qui tentent de remonter la pente. Le fait que les vacanciers aillent partout en France montre le besoin d’aller à proximité de chez eux. Là où auparavant les français traversaient la France pour leur vacances à raison de 600/700 kilomètres, « on voit dans les tendances que c’est plutôt 300/350 kilomètres. Il y a un besoin de sécurité ».

Avant même la crise sanitaire, les entreprises du tourisme ont entendu les consommateurs, qui aspirent à des pratiques plus responsables. Et si 2020 ouvrait une nouvelle ère du tourisme en France ? Cette tendance pourrait être le reflet d’un besoin de revenir aux fondamentaux, vers un tourisme plus durable. C’est ce que l’on appelle le « slow tourisme ». Le slow tourisme permet sans aucun doute de redécouvrir son territoire, de réinventer son rapport à la proximité, de changer de point de vue et de donner un sens à ses vacances.

A l’avenir, pourquoi ne pas capitaliser sur ce qui va être fait cet été en terme de destinations et pratiques touristiques pour le maintenir sur le long terme ? En effet, les régions les moins sollicitées auront besoin de l’aide de tous les français pour relancer leur tourisme face à des destinations habituellement saturées comme le bassin méditerranéen. C’est le moment de (re)découvrir la France, elle a tant à offrir !

Comment voyager cet été ?

La levée d’un grand nombre de restrictions ne signifie pas pour autant un retour à la normale. En effet, une autre difficulté s’ajoute à la crise actuelle, les français sont autorisés à partir en vacances en France, mais pourront-ils prendre le train ou l’avion ? Les autocaristes eux, sont prêts.

L’aviation et le transport ferroviaire

Concernant les trains, Jean-Baptiste DJEBBARI, le secrétaire d’État aux Transports, a annoncé dimanche 31 mai que « 100% de l’offre » SNCF serait assurée à la mi-juin. Ce qui semble de bonnes augures pour les vacanciers voulant privilégier le ferroviaire. « Nous enlevons la restriction d’un siège sur deux neutralisé dans les TGV, qui avait été imposée à la SNCF afin de respecter les règles de distanciation » a par ailleurs précisé le secrétaire d’État.

En revanche, pour le secteur aérien, c’est une autre paire de manche. En effet il y aura très peu de transports aériens cet été. Les compagnies prévoient 50 % de leur capacité par rapport à avant, et ce pendant cinq mois. Alors que certaines compagnies aériennes comme Air France ont imposé le port du masque à leurs passagers, un véritable guide des bonnes pratiques sanitaires (non obligatoires) a été publié par l’organisation de l’aviation civile internationale.

Concernant le voyage en autocars

Alors que le printemps est généralement la haute saison, entre les voyages scolaires, les seniors, les tours d’Europe et de France ou les comités d’entreprises, 2020 est une année terrible pour les autocaristes. Intégré depuis fin mai dans le Plan Relance Tourisme mis en place par le Gouvernement, le secteur de transport de voyageurs en autocars envisage l’été 2020. Les mesures sanitaires restent fortes dans les véhicules afin de permettre un voyage en toute sécurité.

Dans cette démarche d’un nouveau tourisme plus durable, le transport par autocars est plus responsable que le transport individuel en voiture ou en avion. L’empreinte écologique est également minime par rapport à l’avion et la voiture. Depuis septembre 2015, tous les véhicules neufs vendus en Europe doivent répondre à la norme Euro 6. Cette norme vise à réduire le niveau de certains gaz polluants et notamment les oxydes d’azote (NOx). L’objectif est de diminuer les émissions d’oxydes d’azote de plus de 50 %, avec un seuil fixé à 80 mg/km d’émissions par véhicule.

L’autocar peut aller partout et emmener ses passagers à destination de leurs hôtels, clubs de vacances, colonies de vacances, parcs d’attractions et bien d’autres sans rupture de charge. Prenons le temps de découvrir notre beau pays et faisons travailler les corps de métier touristiques ensemble lors d’un voyage en France : restaurants, hôtellerie, domaines viticoles, et… autocaristes !

Slow tourisme personne seule face à la montagne

Et-vous, quelle route de France sillonnerez-vous cet été ?